Accueil Date de création : 23/06/08 Dernière mise à jour : 10/03/09 10:40 / 12 articles publiés

Lucasarts et l'âge d'or du Jeu d'aventures à l'ancienne  (Le coin du vieux con) posté le jeudi 14 août 2008 20:47

 

 

Allez hop c'est parti, j'inaugure officiellement "le coin du vieux con", où je publierai tous mes articles portant sur la thématique "c'était mieux avant" et ce, sans aucune honte.

Et en guise de premier article, je ne parlerai pas de cinéma mais de jeux vidéo. Et en l'occurence d'un genre de jeux vidéo particulier (le point and click) et notamment de son plus beau représentant : le dyptique Monkey Island. Ouais, y a pas à dire, le jeu d'aventures, c'était mieux avant.

Tout d'abord, situons le contexte. Nous sommes au début des années 90, et le jeu d'aventure façon "point and click" est quasiment devenu la norme sur ordinateur. Pour les non-érudits, le point and click est un genre de jeu d'aventures où l'on déplace le héros en cliquant sur un point de l'écran. On pourra aussi faire interagir le héros avec différents objets grâce aux verbes mis à notre disposition (ex: prendre, utiliser, ouvrir, fermer, pousser, etc). Bref, à ce petit jeu là, Sierra et Lucasfilm Games (qui est sur le point de devenir Lucasarts) se taillent la part du lion, laissant quelques miettes aux autres dont les français de Delphine Software avec leur merveilleux "voyageurs du temps".

Mais indéniablement (enfin, c'est mon avis), les softs de Lucasfilm Games sont au dessus des autres, ce qui n'enlève en rien à la qualité de ces derniers. Et le champion de Lucasfilm, c'est Ron Gilbert, le papa de Maniac Mansion (1987), Zak McKracken (1988) et surtout The secret of Monkey Island (1990) et sa suite Monkey Island 2 : Lechuck's revenge (1991).

Le premier Monkey Island relate l'histoire de Guybrush Threepwood, un jeune garçon désirant devenir pirate et qui pour celà devra passer plusieurs épreuves, sauver une demoiselle en détresse et surtout, affronter le terrible pirate fantôme, Lechuck. Un grand jeu d'aventures à l'humour décapant où running gags, anachronismes, clins d'oeil à Star Wars et à Indy sont légion.

Mais le chef d'oeuvre ultime sera sa suite, Monkey Island 2 : Lechuck's revenge. Par rapport au précédent opus, un bond technologique se fait sentir avec les fameuses 256 couleurs affichées à l'écran. Mais surtout, c'est la conclusion du jeu qui laisse le gamer pantois. La fin de Monkey Island 2, assez surprenante, a donné lieu à de multiples interprétations, un peu comme le ferait un film. Ce qui prouve bien, comme le disait Rafik dans son article sur GTA IV, que le jeu vidéo est parfois un média bien plus culturel qu'il n'y parait.

 

Certains fans sont même allés jusqu'à prétendre que Pirates des caraïbes avait été outrageusement pompé sur Monkey Island. Tout celà est à relativiser bien sûr étant donné que le film et le jeu sont tous deux en partie inspirés de l'attraction de Disneyland (intitulée "Pirates des Caraïbes" justement). Voilà, c'était le seul rapport de cet article avec le cinéma.

 

 [SPOILERS]

La théorie la plus répandue et considérée comme la plus vraisemblable concernant l'interprétation du jeu (étant donné que Gilbert n'a jamais expliqué ou commenté la fin du 2e volet) est la suivante: Guybrush ne serait en fait qu'un jeune enfant s'étant perdu dans un parc d'attractions à thématique "pirates", ne vivant ses aventures que dans son imagination. Ainsi, le terrible pirate Lechuck n'est en fait que son frère, déguisé, qui s'est lui aussi perdu dans le parc. De nombreux éléments viennent corroborer cette hypothèse: les T-shirts à gagner, les agents de maintenance, les monstres qui ne sont en fait que des hommes déguisés, le fabuleux trésor de Big Whoop qui n'est en fait qu'un ticket donnant accès à toutes les attractions du parc, etc. Les multiples anachronismes qu'on rencontre tout au long des deux Monkey Island ne sont donc pas seulement des prétextes à rigolade mais bel et bien des éléments de l'intrigue. [FIN DES SPOILERS]

Un scénario réellement ambitieux, donc. Et qui était visiblement prêt dans la tête de Ron Gilbert dès le 1er volet. A vrai dire, je ne crois pas avoir vu de jeux vidéo ayant un scénario aussi travaillé dans ma vie limitée de gamer.

 

 The secret of Monkey Island, 1990

 

 

 

 Monkey Island 2 : Lechuck's revenge, 1991. Notez l'évolution dans la finesse des graphismes et des traits, à peine un an après le 1er volet.

 

Mais patatras, Ron Gilbert décide de partir peu après et de quitter LucasArts afin de voler de ses propres ailes et ce, sans jamais avoir commenté la fin de Lechuck's revenge. Et là, cause directe ou non, le jeu d'aventures façon point and click, après s'être stabilisé un temps à ce niveau (Indy and the fate of Atlantis, 1992, Day of the tentacle, 1993), commencera à péricliter au niveau des ventes, même si la qualité est toujours là (Full throttle, 1994, The Dig, 1995), bons jeux mais n'ayant plus trop l'esprit décalé des précédents hits de la boîte).

Comme si ne c'était pas assez, le point and click (qui dominait le jeu d'aventures sur PC depuis 10 ans) se prendra en pleine poire l'essor de la 3D au milieu des années 90. Et ouais, la vie est faite de cycles et subitement, la 2D ne fait plus rêver et devient ringarde. Ce genre vidéoludique se fait donc de plus en plus rare.

Et là tout se précipite. LucasArts annonce, malgré l'absence de Ron Gilbert, un Monkey Island III (The Curse of Monkey Island), qui sortira en 1997. Graphismes superbes, système de jeu et esprit décalé sont conservés mais la fin du deuxième opus est complètement zappée et la saga de pirates continue comme si de rien n'était. Un quatrième volet sortira en 2000 (Escape from Monkey Island) et là, toujours pareil, rien, pas d'explication.

Finalement, la logique voudrait que Gilbert était le seul à connaitre le secret de l'île aux singes. Et du coup, ses successeurs n'ont pas été à même de poursuivre sur sa lancée et la fin magistrale du 2e opus, qui sera niée et même contredite dans les futurs épisodes.

 

Mais c'est avec stupéfaction qu'on apprend que Gilbert avait soi disant prévu de faire 3 épisodes à la base. Il a même affirmé qu'il projetait de racheter les droits de la franchise pour faire son monkey island III, indépendamment des autres volets qui ne sont pas considérés comme "légitimes" par les fans. Le tout en précisant qu'il est toujours le seul à connaitre le véritable secret de la saga, qui ne serait donc pas la théorie du parc d'attractions. En conséquences, deux hypothèses se dégagent : 1/ soit effectivement, Gilbert avait prévu de faire un 3e volet dans lequel le secret (toujours ignoré par les fans) serait révélé 2/ Gilbert nous prend pour des cons. Son secret, il l'a déjà révélé dans Lechuck's revenge et tout ce qu'il veut, c'est créer le buzz auprès des fans en vue d'une éventuelle suite qui serait, pourquoi pas, conçue par lui.

Toujours est-il que depuis la fin de cet âge d'or, le point and click en a pris un sacré coup dans la tronche et a quasiment disparu du marché. Seuls quelques créateurs oseront remettre ce genre à l'ordre du jour, la plupart du temps de façon brillante:

 

 

Les chevaliers de Baphomet, Revolution software, 1996

 

 

Runaway, Pendulo Studios, 2001

 

Les concepteurs de ces jeux se décrivent eux-mêmes comme les fils spirituels de LucasArts. Ces deux franchises perdurent encore aujourd'hui même si la saga "Baphomet" a d'avantage évolué vers l'action-aventures que le point and click traditionnel.

Et pendant ce temps là, Lucasarts a décidé de cesser de développer des jeux d'aventures (depuis le dernier monkey island en 2000) pour se consacrer presque exclusivement à la franchise vidéoludique Star Wars. Je ne vois pas vraiment d'explication valable à cette bouderie, d'autant plus que les succès tant critiques que publics des jeux précités prouvent qu'il existe une vraie demande dans ce secteur (ou du moins une grosse nostalgie du gamer). A moins que.... Et si la logique Lucassienne de toujours viser un public plus jeune avait aussi eu des répercussions dans le jeux vidéo? Ca expliquerait sans doute ce désamour pour des jeux assez difficiles (qui nous mettent parfois dans des situations d'énervement avancées) où les méninges sont toujours en surchauffe pour quiconque tentera de finir le jeu sans soluce.

Une petite révolution, synonyme de divorce douloureux entre Lucasarts et le jeu d'aventures, a alors eu lieu en 2004. Petit retour en arrière: 1993, pendant que 2 Unlimited cartonne sur les ondes, Sam and Max hit the road vient de sortir. On est encore dans l'âge d'or du point and click de chez Lucas. Le jeu est un réel succès, comme tous les autres d'ailleurs (humour décalé, graphismes travaillés, etc) et perpétue l'excellence de la maison. Et il est longtemps question d'une suite qui sera tardivement mise en chantier 10 ans après le 1er volet. Le jeu, intitulé Sam and max: Freelance Police, est en bon état d'avancement lorsque Lucasarts annonce l'annulation du soft, prenant pour pretextes "les réalités actuelles du marché et les considérations économiques sous-jacentes". Ce qui a du se traduire vraisemblablement ainsi dans les locaux de Lucasarts: "Bon les développeurs de Sam and Max, vous êtes bien gentils là avec vos jeux à la con, mais bon maintenant faut laisser la place aux vrais pros hein! C'est fini maintenant les jeux en point and click machin là! Z'en veulent plus, les gamers, de vos jeux pour intellos je vous dis. Tout ce qu'ils veulent c'est dégommer du Tie Fighter avec un X-wing ou de découper du stormtrooper au sabre laser! Et puis bon, c'est pas tout ça mais on a de la thune à faire rentrer là, on a Star Wars Battlefront, Star wars galaxies, Star Wars Knights of the Old Republic et Lego Star Wars à préparer! Et puis je vous emmerde d'abord, si vous êtes pas contents, bandes de loosers, z'avez qu'à dégager!"

Et dégager, c'est exactement ce qu'ils ont fait, tout échaudés par cette trahison. Les développeurs de Sam and Max : Freelance Police démissionent, fondent Telltale, leur boîte, et parviennent à récupérer les droits de Sam and Max. Ils sortent alors Sam and Max : Season 1 en 2007, qui aura son petit succès. Pour info, il s'est passé à peu près la même chose pour Full Throttle et sa suite: jeu en chantier, travaux bien avancés et annulation pour motifs financiers.

 

Sam and Max ont enfin été libérés. Ils étaient retenus en otage dans la jungle lucasartsienne depuis 14 ans.

 

Là encore, deux conclusions peuvent être tirées de cet évènement qui fera peut être jurisprudence : 1/ Les jeux d'aventures de chez Lucasarts (hormis les RPG), c'est mort et pour longtemps. 2/ Il n'est pas exclu que des éditeurs tiers procèdent de nouveau au rachat d'anciennes licences devenues complètement inutiles compte tenu de l'orientation artistique prise par la maison mère. Ce qui pourrait s'avérer intéressant si elles tombaient entre des mains expertes et experimentées. Comme par exemple celles de Ron Gilbert, qui pourrait enfin nous pondre LA fin de Monkey Island, la vraie cette fois, selon lui.

A suivre...

 

 

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Top Gun & Co: les films de winner  (Dossiers) posté le mercredi 06 août 2008 21:26

 

 

 

Aujourd'hui j'ai envie de parler d'un type de film bien précis. Un genre qui a particulièrement vieilli. Je dirai même que cette catégorie a encore plus vieilli que les tous premiers films des frères Lumière. Ces films, ce sont les films de battant, de winner, de vainqueur, comme seule l'Amérique a su en produire durant les années 80, âge d'or de ce sous-genre ne portant pas vraiment de nom et ayant bercé l'enfance et l'adolescence des trentenaires d'aujourd'hui. Ces films étaient censés inculquer la culture de la gagne aux jeunes ricains et reflétent parfaitement l'état d'esprit de l'Amérique reaganienne où pour s'accomplir, il faut avant tout savoir écraser l'autre, conformément à l'ultra libéralisme. Ces fictions adoptaient plus ou moins la même trame scénaristique qu'on pourrait résumer ainsi :

 Un jeune américain, très talentueux mais inexpérimenté, décide de faire carrière dans un domaine où il excelle tout particulièrement. Il rentrera alors en opposition avec un rival, après avoir connu des débuts prometteurs et couché avec une fille avec laquelle il n'était pas censé couché (généralement, le seul rôle féminin consistant du film). Vers la moitié du film, la mort/grave blessure de son meilleur ami l'affectera profondément. Il perdra ainsi confiance en lui mais sera alors aidé par un mentor qui le remettra sur les rails et le motivera en vue d'affronter sa némésis, qu'il vaincra. Attention, ce type de scénario n'est toutefois pas le même systématiquement et il y a parfois quelques entorses....

3 exemples pour parler de ces films: Youngblood ( Markle, 1986), Top Gun (Scott, 1986) et Jours de tonnerre (Scott, 1990)  

 

 

Youngblood

 

 

Si si, ce film traite de hockey sur glace

 

Le winner: Dean Youngblood, un jeune hockeyeur de 17 ans, pétri de talent, décide de partir au Canada pour évoluer dans l'équipe des mustangs de Hamilton dans la ligue junior, antichambre de la NHL. Deux raisons motivent son choix : 1/ il est super fort au hockey 2/ bosser à la ferme de papa, ça le tente moyen ("j'ai pas envie de passer le reste de ma vie sous le pis d'une vache!"). Une sorte de Luke Skywalker du hockey, en somme. D'ailleurs, papa Youngblood réagit avec son fiston exactement comme ce rabat joie d'Owen Lars avec Luke : Il lui fait croire qu'il a besoin de lui à la ferme, ce discours masquant en réalité son appréhension de voir le rejeton quitter le cocon familal et d'affronter 1000 dangers.

Sa meuf : Jessie Chadwick, la fille de l'entraineur, lequel ne voit pas cette union d'un très bon oeil. Il ne sait pas encore qui elle est quand il la drague. Ce n'est qu'en croisant l'entraineur dans la rue avec la demoiselle à ses côtés qu'il l'apprendra, stupéfait (gag).

Son rival:  Carl Racki, fer de lance des Thunder Bay Bombers (grands rivaux des Mustangs) gros bourrin de la crosse, ayant écopé de près de 400 minutes de pénalité la saison passée. A se demander pourquoi les entraineurs le recrutent. Avec lui les arbitres sont atteints du "syndrome de l'arbitre de catch" (toujours le dos tourné quand il fracture un crâne)

 

  

"Beeeuuuuuahaaar!"

Le meilleur ami: Derek Sutton, alias Patrick Swayze. Son meilleur pote sur la glace. Sutton et Youngblood seront aux mustangs ce que Ben Baker et Olivier Atton étaient à la New Team dans Olive et Tom: une doublette hors pair. Malheureusement, Racki brisera la boîte cranienne de Sutton de manière délibérée, mettant ainsi fin à sa carrière prometteuse. Verdict: un match de suspension pour Racki, et Youngblood retourne chez son père ramasser le fumier et traire les vaches, tout traumatisé.

Le mentor: Kelly, le grand frère de Dean, lui même ancien hockeyeur devenu borgne. Lorsque son petit frère revient à la ferme, il lui inculque un discours très poignant après l'avoir bien engueulé : il ne faut jamais baisser les bras, tout donner pour ne rien regretter et avoir la gagne. Papa Youngblood lui refilera aussi quelques techniques de castagne et hop c'est parti : remonté à bloc par ce discours de champion, Dean et son équipe remporteront la victoire 3-2 en finale (triplé de Youngblood) contre les Bombers avec un dernier but à 3 secondes de la fin et une bagarre finale contre Racki, qu'il étend grâce aux conseils familiaux.

 

 

Top Gun

Attention, réplique savoureuse : "Vous deux là, les zigotos, vous allez à Top gun. Pendant cinq semaines vous allez vous mesurer aux meilleurs pilotes de chasse du monde. Vous étiez numéro deux, Cougar était numéro un. Cougar est degagé, Cougar s'est crashé : c'est vous deux en numéro un. Mais je vous rappelle quand même une chose : foutez la merde rien que d'un poil, et je vous affecte sur un avion de fret pour nous ramener des crottes de chien made in Hong-Kong !"

 

Le winner: Pete Mitchell, alias Maverick, jeune pilote fougueux de F-14, talentueux pour les uns, dangereux pour les autres. Son père était lui-même un grand pilote, qui a fini crashé dans une rizière viet' dans des circonstances classées secret défense, laissant planer le doute sur une éventuelle erreur humaine de papa. Maverick sera envoyé à Top Gun, académie de pilotes (réservée aux meilleurs des meilleurs, la crème de la crème, l'élite de la nation, etc) qui a plus pour vocation de développer l'ego surdimensionné de ses élèves que leurs aptitudes en combat aérien.

Sa meuf: Charlotte Blackwood, alias Charlie. Docteur en astrophysique, spécialiste en aéronautique, experte détachée du Pentagone pour enseigner à Top Gun, très intéressée par les MIG-28. Maverick la drague auparavant dans un bar sans savoir son identité, qu'il découvrira, stupéfait, le lendemain en cours (gag).Cette union n'a normalement pas lieu d'être à Top Gun, Charlie étant l'instructeur de Maverick.

Le rival: Tom Kazansky, alias Iceman, également pilote à Top Gun. Lui et maverick sont en compétition pour tout : qui pilote le mieux, qui joue le mieux au volley, qui a les plus beaux pecs au vestiaire, etc. Dans le film Sleep with me, le personnage joué par Tarantino a une vision très personnelle d'Iceman. Selon lui, il serait l'incarnation des penchants homosexuels de Maverick, qui naviguerait sans cesse entre deux eaux. Les deux rivaux se réconcilieront à la fin dans une empoignade bien virile. (Petite apparté: pour un film censé se passer en pleine période reaganienne, la propagande proaméricaine et antisoviétique y est plutôt légère. Elle passe même carrément inaperçue. Donc non, aucun gros méchant communiste à l'horizon, seulement quelques pilotes impersonnels dont on ne verra jamais le visage et venant d'un pays non désigné expressément)

 

"Hey, Iceman! Je veux pas dire mais Tarantino, il a dit que t'étais qu'une grosse tarlouze!"

 

Le meilleur ami : Nick Bradshaw, alias Goose le copilote. Maverick et lui font vraiment la paire, aussi bien dans l'air que sur terre. Malheureusement pour lui, il finira sa vie dans l'aéronavale de façon bien piteuse : le crâne fracassé contre le cockpit lors d'une ejection, à la suite d'une "vrille à plat irrécupérable". Du coup, Maverick culpabilise, perd confiance en lui et songe déjà à préparer ses valises et quitter Top Gun.

Le mentor: Mike Metcalf, alias Viper. C'est l'instructeur en chef à Top Gun et, coup de bol, c'est aussi l'ancien partenaire du papa de Maverick au Vietnam. Il lui apprendra ainsi dans quelles circonstances (héroïques) son père a réllement disparu. Et hop, du coup, Maverick est prêt pour repartir voler, exorcise ses peurs en évitant de reproduire exactement le même crash qui a coûté la vie à Goose (soit un début de "vrille à plat irrécupérable") et s'en va descendre du MIG. (Il en abattera plus qu'Iceman, remportant de fait son affrontement avec lui, bien que celui-ci ait été déclaré vainqueur du titre à Top Gun).

 

 

Jours de tonnerre

 

 "Nom de Dieu Maverick, enfin je veux dire Cole, fais gaffe t'as un mig 28 derrière toi qui te fait l'aspi, ah non zut, je veux dire, t'as Wheeler à 6 heures qui t'as vérouillé... euh en fait non c'est pas ça du tout, et meeeerde!"

 

 

 Le Winner : Cole Trickle, pilote de stock car ayant la réputation d'être un jeune prodige à tête brulée, s'apprete à disputer sa 1ere saison de Nascar dans l'écurie de Tim Dalland. Trickle est peut être talentueux mais il n'y connait absolument rien en technique et en mécanique automobile. Il n'en est pas moins habité par la rage de vaincre et l'envie d'être le meilleur, comme tout bon héros de film de winner.

Sa meuf : Le Dr Claire Lewicki, neurochirurgien. Lorsqu'il la drague la 1ere fois à l'hôpital, Cole est persuadé qu'il s'agit en fait d'une call-girl déguisée et payée par son staff. Il apprendra alors, stupéfait, qu'il ne s'agit non pas d'une gagneuse mais bel et bien d'un vrai médecin (gag).

Le rival : Russ Wheeler, son remplaçant au moment de sa convalescence, qui finira par piquer sa place à Cole. Russ est sournois. Il fait des courbettes à Trickle par devant et essaie de le désosser en course, utilisant les techniques les plus vicelardes. Fait cocasse: l'acteur qui interprète Russ Wheeler (Cary Elwes) sera aussi celui qui parodiera Iceman dans Hot shots.

Le meilleur ami : Rowdy Burns. Situation un peu particulière ici. Rowdy est dans la 1ere moitié du film décrit comme le grand rival de Cole, une sorte de réincarnation d'Iceman. Lui et Cole auront lors du championnat un sérieux accident du à une grosse nappe de fumée. verdict: si Cole se remet de ses blessures assez rapidement, Rowdy souffre quant à lui d'une grave lésion cérébrale (encore et toujours le crâne!). Ils sympathiseront après l'accident qui laissera néanmoins des traces sur Trickle, traumatisé et en perte de repères.

Le mentor : Harry Hogge, le directeur de course de Trickle (qui a fait un break avec le monde de la course en partant travailler à la ferme. Bouh la honte!). Après son accident, il fera tout pour le remotiver et le remettre en selle. Dans cette optique, il mettra en place LA bagnole parfaitement adaptée aux caractéristiques de son poulain, qu'il connait mieux que quiconque. Résultat: Trickle surmonte ses peurs et remporte la prestigieuse course de Daytona (en évitant notamment de se taper exactement le même carton qu'avec Rowdy, similitude avec Top Gun).

 

 

Bon voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Evidemment on se moque aujourd'hui de ces films, mais n'oublions pas le contexte de l'époque où ce genre de machin était hype. Alors carpe diem!

 

 

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L’état de grâce se poursuit pour Pixar  (Critiques) posté le vendredi 01 août 2008 11:22

 

 

 

 

 

Voir le dernier Pixar est souvent un investissement sans risque. Mais systématiquement au moment de rentrer dans la salle, on se demande avec angoisse « et si ce coup ci, c’était une bouse ? » Et ben non en fait. Sans surprise, ce fut encore un grand moment de bonheur pour moi. Que dire de WALL-E si ce n’est qu’en sortant, on a la banane, tout heureux d’avoir claqué ses 9€20 dans un vrai, beau et grand film. Le genre de truc qu’on recherche quand on va au cinéma quoi.

Les studios Pixar sont encore parvenus à prolonger l’état de grâce qui les entoure depuis 1995 tout en donnant l’impression que leur dernière merveille surpasse toujours la précédente.

 

En l’occurrence, WALL-E est, comme tout Pixar, techniquement sublime et comble d’émerveillement le spectateur. Ce n’est finalement pas une grande surprise. Ce qui semble nouveau désormais, c’est le discours politique de l’œuvre, qui n’hésite pas à taper à grands coups de massue sur la société de consommation, en particulier américaine. Pour info, le film a été qualifié de propagande gauchiste par certains milieux politiques outre Atlantique.

Bien évidemment, cela peut sembler paradoxal étant donné que WALL-E contribue très largement à ce consumérisme exacerbé qu’il critique (le menu happy meal WALL-E, le jeux vidéo disponible sur n’importe quelle plateforme, la peluche WALL-E, le robot téléguidé WALL-E, etc). Du coup on perd un peu de crédibilité en matière de critique subversive mais bon , n’est pas John Carpenter qui veut !  Mais l’intention est là et contribue à donner un peu plus d’épaisseur au film qui en fait sûrement le Pixar le plus adulte avec Les Indestructibles.

Pour le reste, c’est du tout bon. Le personnage de WALL-E, sa rencontre avec EVE, leurs échanges, leurs dialogues limités, leur histoire d’amour sur fond de différence, difficile de ne pas adhérer à tout ça ! Et on se prend en pleine poire toute une palette de sentiments contradictoires durant le film, comme à chaque Pixar : la Joie, la tristesse, le rire, l’excitation et la béatitude finale.

Un grand merci et vivement Up, leur prochaine production, prévue pour l’été 2009.

 

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Peter Jackson, clap, première!  (Critiques) posté le lundi 28 juillet 2008 16:34

 

 

 

 

 Attention, cet article est agrémenté de spoilers tout au long de son contenu. Si vous n'avez pas encore vu Bad Taste, vous risquez donc de vous gacher une bonne partie du plaisir en cas de vision éventuelle de l'oeuvre...

 

 

Tous les gens qui ont pu voir Bad Taste après la trilogie Lord Of The Rings ont du se dire « Ouaouh, c’est un truc de dingue, t’as vu les films de ouf qu’il faisait avant, Peter Jackson ? » Pour beaucoup d’autres comme pour moi, c’était un peu l’inverse. J’ai eu l’opportunité de voir ce diamant brut 1000 carats au début des années 90 lors de son passage sur Canal Plus. Je me souviens d’avoir été scotché devant l’écran, complètement happé par les images : « Ai-je bien vu un gars boire du vomi vert dans un saladier ? Un mouton se faire exploser au lance roquettes ? Un binoclard mettre un coup de boule à une mouette après avoir dévissé d’une falaise ? »  J’ai alors assisté au fil des années à l’évolution du réalisateur Peter Jackson d’un œil incrédule après Braindead. Le metteur en scène de Bad Taste était-il vraiment le même que celui de Créatures Célestes ? Dès qu’un nouveau film de Jackson sortait, celui-ci prenait du poids, au propre comme au figuré jusqu'à la sublime trilogie de l'anneau. Lorsqu'il est devenu vraiment célèbre, je fus alors partagé entre la joie de voir cette pépite resurgir du temps passé au profit d'un public plus large et la tristesse de la voir se diluer dans un océan de nouveau fans. Toute la problématique de la communauté geek, en somme!

 

 

 

 

"Schplaff!"

 

 

 

Premier volet de sa trilogie Portnawak (dans le bon sens du terme) qui sera suivi de Meet the Feebles (1989) et Braindead (1992), Bad Taste retrace l’histoire de Barry, Ozzy, Franck et Derek, 4 agents gouvernementaux menant une enquête sur la disparition mystérieuse de toute la population du village de Kaihoro en Nouvelle Zélande. Il s’avérera en fait que les habitants ont été décimés par des aliens travaillant pour le compte d’un magnat de la junk food intergalactique, désirant lancer une toute nouvelle gamme de burgers à base de viande humaine. Si ça c’est pas du scénar complètement barré !  

 

 

 

"Chbong!"

 

 

A l’instar de Brain Dead, Bad Taste ne peut être vu comme un film d’horreur mais plutôt comme une comédie horrifique. Et l'humour dans Bad Taste est distillé de façon assez variée. Il y a l'humour gore (environ un mort sur deux dans le film), l'humour scato (le "sirotage de dégueulis"), l'humour absurde (le mouton explosé) et l'humour burlesque (Derek glissant dans une bouse de vache). Le film possède vraiment un ton et un humour qui lui sont propres donnant l'impression qu'on assite à un spectacle jamais vu auparavant, tant l'humour débile atteint des sommets ici.

Mais malgré tout ce déballage comique, le film atteint parfois des pics de tension dramatique assez poussés. La superbe scène de la falaise (sans doute la meilleure du film pour moi) où Derek lutte seul contre 5 aliens armés de maillets en est certainement le meilleur exemple. Au début de ce passage, le spectatateur sait que Derek ne va pas tarder à morfler sévère (Derek ayant auparavant torturé sauvagement un "cosmo-connard", il est donc logique qu'il paye, conformément à la morale judéo-chrétienne) et c'est donc avec fébrilité qu'on attend la chute fatidique du mannequin en mousse.   

 

 Lors de ces scènes de tension, Jackson s’amuse beaucoup à jouer avec les codes du film d’horreur (la recherche de clefs de voiture avec mains tremblotantes, la bagnole qui refuse de démarrer, etc) tout en les agrémentant de gags reposant généralement sur la débilité des aliens ou sur la tendance des personnages à ne pas pouvoir faire 3 pas sans se vautrer par terre.

 

 

"Gnark gnark gnark!"

 

Alors évidemment certains pourront reprocher à Jackson une mise en scène plutôt moyenne, mais il ne faut pas oublier le contexte dans lequel Bad Taste fut tourné: Tous les week end pendant 4 ans, avec ses potes et un budget très limité, le réalisateur assurant lui même deux rôles dans le film. Cette mise en scène est pourtant bien typique et reconnaissable entre mille. On se croirait même parfois devant un film de Leone (longs passages silencieux, gros plans sur les visages, musique omniprésente)!

Mis à part le côté fauché de cette production, le principal défaut qu'on pourrait lui trouver serait une baisse de rythme vers la fin du film, lorsque la fusillade aux abords de la maison devient un peu longuette. Sinon, pour le reste, c'est de l'or en barre, surtout en VF où les doubleurs se sont visiblement bien lâchés. Et pour courronner le tout, on a même droit à une petite condamnation du capitalisme de la junk food, matérialisé par le discours hallucinant du Boss des aliens, expliquant comment il va réduire la concurrence à néant grâce à l'arrivée sur le marché de "l'homo sapiens burger"!

 

 

"Scronch scronch..."

 

 Un film à découvrir absolument pour tous les malheureux qui ne le connaitraient pas encore. Mais attention, pour l'apprécier pleinement, il faudra garder à l'esprit son aspect expérimental et ne pas s'attendre à voir un Braindead bis (pour ceux qui l'auraient vu avant) tant celui-ci sera supérieur à Bad Taste dans sa frénésie et son intensité comico-gore.

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Les bouseux contre-attaquent!  (Dossiers) posté le mardi 08 juillet 2008 22:33

 

 

Attention, cet article est agrémenté de spoilers tout au long de son contenu.

 

 

Je ne vous apprends rien : depuis quelques temps déjà, les films de « gens qui partent en voyage et qui se font atrocement massacrer en chemin par un groupe d’autochtones sauvages/mutants/cannibales/consanguins/détrousseurs" (autrement dit, le survival) fleurissent de plus en plus sur nos toiles, pour notre plus grand plaisir de cinéphiles sadiques.

Petite présentation (non exhaustive) de ces personnages si charmants qui sauront à coup sûr vous accueillir les bras ouverts dans leurs vertes contrées…

 

 

I/ Le mutant du désert

 

Le mutant du désert en 1977.

 

Vu dans : La colline a des yeux (Craven, 1977, Aja, 2006)

Ce qu'il aime : Les voyageurs égarés dans son désert au Nouveau Mexique.

Que lui est-il arrivé? : Après avoir connu la fermeture des mines dans lesquelles il travaillait, le mutant et ses amis ont dû subir les essais nucléaires que le gouvernement menait dans leur désert (cette dernière info n'est mentionée que dans la version  d'Aja) . Pas de bol! Rajoutez une petite dose de consanguinité (apparemment, les mutants sont tous plus ou moins cousins) et vous obtiendrez une grande famille de psychopathes complètement allumés.

 

 

Le mutant du désert en 2006.

 

Pourquoi il fait peur ? : En plus de ne pas être très gâté par Dame Nature, il fait preuve d'une cruauté sans limite envers les gens "normaux" qu'il détrousse, massacre sans pitié et  mange parfois. Une violence essentiellement alimentaire donc, avec un peu de rancune quand même pour ces non-mutants qu'il juge en partie responsables de son calvaire.

Ses hobbies : Tendre des embuscades aux wasps, manger des chiens, faire cramer des mecs, manger des gens, violer des filles, kidnapper des bébés, manger des canaris façon Bernie, jouer à la hache, etc.

 

II/ Le consanguin des montagnes

 

 "Mmmmm, beau petit cul, le mec en canoë" 

 

Vu dans : Delivrance (Boorman, 1972)

Ce qu'il aime : Les aventuriers en carton venus faire du canöe dans sa montagne en disant "ouaouh c'est beau la nature!"

Que lui est-il arrivé ? : Cela n'est pas expliqué dans le film. Cependant, on peut bien imaginer que le non renouvellement des générations, le syndrome du "crétin des Alpes" et un peu de consanguinité (encore et toujours!) ne sont pas forcément étrangers à son comportement préoccupant.

Pourquoi il fait peur ? : Son allure physique n'est déjà pas des plus rassurantes. Et si en plus le consanguin se met à agresser les jeunes cadres dynamiques venus s'extasier dans sa montagne (qu'il connait bien évidemment par coeur) alors là, ça devient inquiétant. Les violer tout en leur demandant de faire la truie n'est pas non plus un signe de bienvenue très explicite.

Ses Hobbies : Jouer du banjo (vachement bien), violer les touristes, tirer sur les etrangers, etc. Les ordres adressés aux victimes violées ("fais la truie!") font planer le doute quant à cette requête : s'agit-il d'un pur fantasme zoophile ou bien est-ce le signe que les montagnards, peu expérimentés en viol humain, se donnent confiance comme ils peuvent en essayant de recréer un contexte plus familier? Le mystère demeure.

 

 

III/ Le cousin éloigné des cavernes

 

"My preciiiooouuussss!"  Hein? Quoi? Ah, autant pour moi...

 

Vu dans: The Descent (Marshall, 2005)

Ce qu'il aime : Les spéléologues de sexe féminin venus explorer sa caverne souterraine.

Que lui est-il arrivé ? : Catégorie clairement à part que celle-ci. Le crawler et ses semblables forment une branche parallèle à l'espece humaine. Il y a quelques centaines de milliers d'années, ils devaient sûrement être des hommes préhistoriques de type traditionnel. Sauf que finalement, ils étaient pas si mal que ça dans leurs grottes, eux. Donc pourquoi les quitter ? Ils sont donc restés au fin fond de leurs cavernes et ont évolué différemment de leurs cousins homo sapiens: peau toute blanche dénuée de système pilleux (hormis les femmes qui ont des cheveux), cécité (comme les taupes), ouïe surdéveloppée, capacité de grimper aux parois des grottes, etc.

Pourquoi il fait peur : Comme dans tout survival, l'ennemi effraie parcequ'il maîtrise parfaitement son environnement, au contraire de sa victime, qui est généralement complétement à l'ouest en territoire inhospitalier. C'est surtout le cas ici ou l'obscurité règne. Le crawler est aveugle mais ça ne change rien dans le noir, où l'audition est bien plus importante que la vue. Les spéléologues, qui évoluent dans un espace clos où les possibilités de fuire sont quasi nulles, se font donc repérer comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Et finissent généralement au garde manger. La tronche pas possible des assaillants et leurs cris aigus finissent d'exploser le trouillomètre.

Ses hobbies : Le crawler a beau être un humain différent, il n'en est pas moins resté à un stade très primitif, plus animal que préhistorique. La notion de hobbies lui est donc étrangère, à la différence de ses autres camarades. Il tue les intrus aussi bien pour protéger sa communauté que pour faire des provisions pour l'hiver.

 

IV/ Le détrousseur des forêts

 

La classe...

 

Vu dans : Détour mortel (Schmidt, 2003)

Ce qu’il aime : Les jeunes ricains paumés sur son territoire, qu'il intercepte en bousillant leurs bagnoles avec du barbelé.

Que lui est-il arrivé : Le détrousseur des forêts ressemble beaucoup à son compère le mutant du désert : visage difforme, sadisme démesuré, aucune notion de savoir-vivre, cannibalisme pleinement assumé, etc. Leurs modes opératoires de piégeage sont également similaires (barbelé sur la route). La seule différence: Le forestier n'a pas été irradié par l'atome mais semble devoir ses tares à la seule consanguinité (en fait, je me rends compte que j'aurai du intituler cet article consanguinité et survival).

Pourquoi il fait peur : Toujours la même recette: tête invraissemblable, aucune pitié ou compassion pour leurs victimes. Leur cabane n'est pas non plus très accueillante au vu des restes humains stockés dans le frigo. Et cerise sur le gâteau, le détrousseur semble particulièrement crado.

Ses hobbies : cuisiner les abats, la pratique du tir à l'arc, les balades en forêt à bord du pick-up jaune familial, etc. A la différence du mutant du désert ou du consanguin des montagnes, le détrousseur des forêts ne semble avoir aucun désir sexuel envers ses victimes. Le fait d'avoir des top models à sa merci ne lui fait aucun effet. Elles ne rentrent sans doute pas dans ses critères de beauté (dents pourris, crânes difformes, chevelure très clairsemmée, peau blaffarde, silhouette de bossue). Ou alors il trouve ça plus fun de juste les décapiter.

 

V/ Le tronçonneur des cambrousses

 

Cannibale peut être, mais cannibale en costard.

 

Vu dans :  Massacre à la tronçonneuse (Hooper, 1974) et ses innombrables suites et remakes.

Ce qu'il aime : Les jeunes américains en ballade dans leur Westfalia qui ont eu le malheur de tomber en panne d'essence dans son trou perdu texan.

Que lui est-il arrivé ? : Le tronçonneur et sa famille, tous bien agités du bocal, vivent reclus au fin fond du Texas. La vie en société, c'est plus leur truc depuis que les abattoirs de la région ont fermé. Du coup, ben on s'occupe et on se nourrit  comme on peut, d'où le cannibalisme. C'est qu'il faut bien manger ma petite dame! 

Pourquoi il fait peur : Le tiercé cannibale/tronche à faire peur/violence exacerbée arrive encore et toujours en tête. La façon dont les corps humains sont cuisinés et transformés parfois en oeuvre d'art est de plus une véritable religion dans cette famille. Et puis le tronçonneur a cette facheuse tendance à porter des visages humains dépecés en guise de masque, d'où son nom: Leatherface (face de cuir en VF)

Ses hobbies: Stihl, Wolf, Black & Decker, Hitachi, Bosch, tous ces noms n'ont aucun secret pour notre ami. Il aime tellement son outil qu'il éprouve beaucoup de mal à se passer de lui pour tuer, quite à perdre de la vitesse en ligne droite et à se faire repérer à 500 mètres à la ronde. Lui et sa famille se débrouillent aussi pas mal dans l'Art Ossuaire.

 

 

Voilà pour ce petit tour d'horizon fort buccolique et bien evidemment non exhaustif. De nombreux autres Bad Guys de survival auraient eu leur place légitime dans ce dossier et je leur prie de m'en excuser. De même, je n'ai pas traité ici de la signification cachée des agresseurs du genre allégorie de la nature vengeresse ou décadence de la classe moyenne américaine. Tout cela ferait peut être l'objet d'un autre article plus tard.

Mais evidemment, tous ces monstres sympathiques ne seraient rien sans leurs proies: Etudiant(e)s, jeunes cadres dynamiques, beaux gosses, blondasses à mamelles hypertrophiées... Beaucoup y passent, mais quelques uns survivent, au prix d'une transformation mémorable, se doublant d'une cruauté supérieure à leurs assaillants. Eux aussi seront étudiés prochainement.

 

 

"Où est le mec qui a posé ce papier peint que je le butte!"

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