Attention, cet article est agrémenté de spoilers tout au long de son contenu.
Je ne vous apprends rien : depuis quelques temps déjà, les films de « gens qui partent en voyage et qui se font atrocement massacrer en chemin par un groupe d’autochtones sauvages/mutants/cannibales/consanguins/détrousseurs" (autrement dit, le survival) fleurissent de plus en plus sur nos toiles, pour notre plus grand plaisir de cinéphiles sadiques.
Petite présentation (non exhaustive) de ces personnages si charmants qui sauront à coup sûr vous accueillir les bras ouverts dans leurs vertes contrées…
I/ Le mutant du désert

Le mutant du désert en 1977.
Vu dans : La colline a des yeux (Craven, 1977, Aja, 2006)
Ce qu'il aime : Les voyageurs égarés dans son désert au Nouveau Mexique.
Que lui est-il arrivé? : Après avoir connu la fermeture des mines dans lesquelles il travaillait, le mutant et ses amis ont dû subir les essais nucléaires que le gouvernement menait dans leur désert (cette dernière info n'est mentionée que dans la version d'Aja) . Pas de bol! Rajoutez une petite dose de consanguinité (apparemment, les mutants sont tous plus ou moins cousins) et vous obtiendrez une grande famille de psychopathes complètement allumés.

Le mutant du désert en 2006.
Pourquoi il fait peur ? : En plus de ne pas être très gâté par Dame Nature, il fait preuve d'une cruauté sans limite envers les gens "normaux" qu'il détrousse, massacre sans pitié et mange parfois. Une violence essentiellement alimentaire donc, avec un peu de rancune quand même pour ces non-mutants qu'il juge en partie responsables de son calvaire.
Ses hobbies : Tendre des embuscades aux wasps, manger des chiens, faire cramer des mecs, manger des gens, violer des filles, kidnapper des bébés, manger des canaris façon Bernie, jouer à la hache, etc.
II/ Le consanguin des montagnes

"Mmmmm, beau petit cul, le mec en canoë"
Vu dans : Delivrance (Boorman, 1972)
Ce qu'il aime : Les aventuriers en carton venus faire du canöe dans sa montagne en disant "ouaouh c'est beau la nature!"
Que lui est-il arrivé ? : Cela n'est pas expliqué dans le film. Cependant, on peut bien imaginer que le non renouvellement des générations, le syndrome du "crétin des Alpes" et un peu de consanguinité (encore et toujours!) ne sont pas forcément étrangers à son comportement préoccupant.
Pourquoi il fait peur ? : Son allure physique n'est déjà pas des plus rassurantes. Et si en plus le consanguin se met à agresser les jeunes cadres dynamiques venus s'extasier dans sa montagne (qu'il connait bien évidemment par coeur) alors là, ça devient inquiétant. Les violer tout en leur demandant de faire la truie n'est pas non plus un signe de bienvenue très explicite.
Ses Hobbies : Jouer du banjo (vachement bien), violer les touristes, tirer sur les etrangers, etc. Les ordres adressés aux victimes violées ("fais la truie!") font planer le doute quant à cette requête : s'agit-il d'un pur fantasme zoophile ou bien est-ce le signe que les montagnards, peu expérimentés en viol humain, se donnent confiance comme ils peuvent en essayant de recréer un contexte plus familier? Le mystère demeure.
III/ Le cousin éloigné des cavernes

"My preciiiooouuussss!" Hein? Quoi? Ah, autant pour moi...
Vu dans: The Descent (Marshall, 2005)
Ce qu'il aime : Les spéléologues de sexe féminin venus explorer sa caverne souterraine.
Que lui est-il arrivé ? : Catégorie clairement à part que celle-ci. Le crawler et ses semblables forment une branche parallèle à l'espece humaine. Il y a quelques centaines de milliers d'années, ils devaient sûrement être des hommes préhistoriques de type traditionnel. Sauf que finalement, ils étaient pas si mal que ça dans leurs grottes, eux. Donc pourquoi les quitter ? Ils sont donc restés au fin fond de leurs cavernes et ont évolué différemment de leurs cousins homo sapiens: peau toute blanche dénuée de système pilleux (hormis les femmes qui ont des cheveux), cécité (comme les taupes), ouïe surdéveloppée, capacité de grimper aux parois des grottes, etc.
Pourquoi il fait peur : Comme dans tout survival, l'ennemi effraie parcequ'il maîtrise parfaitement son environnement, au contraire de sa victime, qui est généralement complétement à l'ouest en territoire inhospitalier. C'est surtout le cas ici ou l'obscurité règne. Le crawler est aveugle mais ça ne change rien dans le noir, où l'audition est bien plus importante que la vue. Les spéléologues, qui évoluent dans un espace clos où les possibilités de fuire sont quasi nulles, se font donc repérer comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Et finissent généralement au garde manger. La tronche pas possible des assaillants et leurs cris aigus finissent d'exploser le trouillomètre.
Ses hobbies : Le crawler a beau être un humain différent, il n'en est pas moins resté à un stade très primitif, plus animal que préhistorique. La notion de hobbies lui est donc étrangère, à la différence de ses autres camarades. Il tue les intrus aussi bien pour protéger sa communauté que pour faire des provisions pour l'hiver.
IV/ Le détrousseur des forêts

La classe...
Vu dans : Détour mortel (Schmidt, 2003)
Ce qu’il aime : Les jeunes ricains paumés sur son territoire, qu'il intercepte en bousillant leurs bagnoles avec du barbelé.
Que lui est-il arrivé : Le détrousseur des forêts ressemble beaucoup à son compère le mutant du désert : visage difforme, sadisme démesuré, aucune notion de savoir-vivre, cannibalisme pleinement assumé, etc. Leurs modes opératoires de piégeage sont également similaires (barbelé sur la route). La seule différence: Le forestier n'a pas été irradié par l'atome mais semble devoir ses tares à la seule consanguinité (en fait, je me rends compte que j'aurai du intituler cet article consanguinité et survival).
Pourquoi il fait peur : Toujours la même recette: tête invraissemblable, aucune pitié ou compassion pour leurs victimes. Leur cabane n'est pas non plus très accueillante au vu des restes humains stockés dans le frigo. Et cerise sur le gâteau, le détrousseur semble particulièrement crado.
Ses hobbies : cuisiner les abats, la pratique du tir à l'arc, les balades en forêt à bord du pick-up jaune familial, etc. A la différence du mutant du désert ou du consanguin des montagnes, le détrousseur des forêts ne semble avoir aucun désir sexuel envers ses victimes. Le fait d'avoir des top models à sa merci ne lui fait aucun effet. Elles ne rentrent sans doute pas dans ses critères de beauté (dents pourris, crânes difformes, chevelure très clairsemmée, peau blaffarde, silhouette de bossue). Ou alors il trouve ça plus fun de juste les décapiter.
V/ Le tronçonneur des cambrousses

Cannibale peut être, mais cannibale en costard.
Vu dans : Massacre à la tronçonneuse (Hooper, 1974) et ses innombrables suites et remakes.
Ce qu'il aime : Les jeunes américains en ballade dans leur Westfalia qui ont eu le malheur de tomber en panne d'essence dans son trou perdu texan.
Que lui est-il arrivé ? : Le tronçonneur et sa famille, tous bien agités du bocal, vivent reclus au fin fond du Texas. La vie en société, c'est plus leur truc depuis que les abattoirs de la région ont fermé. Du coup, ben on s'occupe et on se nourrit comme on peut, d'où le cannibalisme. C'est qu'il faut bien manger ma petite dame!
Pourquoi il fait peur : Le tiercé cannibale/tronche à faire peur/violence exacerbée arrive encore et toujours en tête. La façon dont les corps humains sont cuisinés et transformés parfois en oeuvre d'art est de plus une véritable religion dans cette famille. Et puis le tronçonneur a cette facheuse tendance à porter des visages humains dépecés en guise de masque, d'où son nom: Leatherface (face de cuir en VF)
Ses hobbies: Stihl, Wolf, Black & Decker, Hitachi, Bosch, tous ces noms n'ont aucun secret pour notre ami. Il aime tellement son outil qu'il éprouve beaucoup de mal à se passer de lui pour tuer, quite à perdre de la vitesse en ligne droite et à se faire repérer à 500 mètres à la ronde. Lui et sa famille se débrouillent aussi pas mal dans l'Art Ossuaire.
Voilà pour ce petit tour d'horizon fort buccolique et bien evidemment non exhaustif. De nombreux autres Bad Guys de survival auraient eu leur place légitime dans ce dossier et je leur prie de m'en excuser. De même, je n'ai pas traité ici de la signification cachée des agresseurs du genre allégorie de la nature vengeresse ou décadence de la classe moyenne américaine. Tout cela ferait peut être l'objet d'un autre article plus tard.
Mais evidemment, tous ces monstres sympathiques ne seraient rien sans leurs proies: Etudiant(e)s, jeunes cadres dynamiques, beaux gosses, blondasses à mamelles hypertrophiées... Beaucoup y passent, mais quelques uns survivent, au prix d'une transformation mémorable, se doublant d'une cruauté supérieure à leurs assaillants. Eux aussi seront étudiés prochainement.

"Où est le mec qui a posé ce papier peint que je le butte!"
Didier Laffont
dim 04 jan 2009 23:32