Accueil Date de création : 23/06/08 Dernière mise à jour : 07/11/08 11:15 / 10 articles publiés

Peter Jackson, clap, première!  (Critiques) posté le lundi 28 juillet 2008 16:34

gore, bad taste, extra terrestres, peter jackson

 

 

 

 

 Attention, cet article est agrémenté de spoilers tout au long de son contenu. Si vous n'avez pas encore vu Bad Taste, vous risquez donc de vous gacher une bonne partie du plaisir en cas de vision éventuelle de l'oeuvre...

 

 

Tous les gens qui ont pu voir Bad Taste après la trilogie Lord Of The Rings ont du se dire « Ouaouh, c’est un truc de dingue, t’as vu les films de ouf qu’il faisait avant, Peter Jackson ? » Pour beaucoup d’autres comme pour moi, c’était un peu l’inverse. J’ai eu l’opportunité de voir ce diamant brut 1000 carats au début des années 90 lors de son passage sur Canal Plus. Je me souviens d’avoir été scotché devant l’écran, complètement happé par les images : « Ai-je bien vu un gars boire du vomi vert dans un saladier ? Un mouton se faire exploser au lance roquettes ? Un binoclard mettre un coup de boule à une mouette après avoir dévissé d’une falaise ? »  J’ai alors assisté au fil des années à l’évolution du réalisateur Peter Jackson d’un œil incrédule après Braindead. Le metteur en scène de Bad Taste était-il vraiment le même que celui de Créatures Célestes ? Dès qu’un nouveau film de Jackson sortait, celui-ci prenait du poids, au propre comme au figuré jusqu'à la sublime trilogie de l'anneau. Lorsqu'il est devenu vraiment célèbre, je fus alors partagé entre la joie de voir cette pépite resurgir du temps passé au profit d'un public plus large et la tristesse de la voir se diluer dans un océan de nouveau fans. Toute la problématique de la communauté geek, en somme!

 

 

 

 

"Schplaff!"

 

 

 

Premier volet de sa trilogie Portnawak (dans le bon sens du terme) qui sera suivi de Meet the Feebles (1989) et Braindead (1992), Bad Taste retrace l’histoire de Barry, Ozzy, Franck et Derek, 4 agents gouvernementaux menant une enquête sur la disparition mystérieuse de toute la population du village de Kaihoro en Nouvelle Zélande. Il s’avérera en fait que les habitants ont été décimés par des aliens travaillant pour le compte d’un magnat de la junk food intergalactique, désirant lancer une toute nouvelle gamme de burgers à base de viande humaine. Si ça c’est pas du scénar complètement barré !  

 

 

 

"Chbong!"

 

 

A l’instar de Brain Dead, Bad Taste ne peut être vu comme un film d’horreur mais plutôt comme une comédie horrifique. Et l'humour dans Bad Taste est distillé de façon assez variée. Il y a l'humour gore (environ un mort sur deux dans le film), l'humour scato (le "sirotage de dégueulis"), l'humour absurde (le mouton explosé) et l'humour burlesque (Derek glissant dans une bouse de vache). Le film possède vraiment un ton et un humour qui lui sont propres donnant l'impression qu'on assite à un spectacle jamais vu auparavant, tant l'humour débile atteint des sommets ici.

Mais malgré tout ce déballage comique, le film atteint parfois des pics de tension dramatique assez poussés. La superbe scène de la falaise (sans doute la meilleure du film pour moi) où Derek lutte seul contre 5 aliens armés de maillets en est certainement le meilleur exemple. Au début de ce passage, le spectatateur sait que Derek ne va pas tarder à morfler sévère (Derek ayant auparavant torturé sauvagement un "cosmo-connard", il est donc logique qu'il paye, conformément à la morale judéo-chrétienne) et c'est donc avec fébrilité qu'on attend la chute fatidique du mannequin en mousse.   

 

 Lors de ces scènes de tension, Jackson s’amuse beaucoup à jouer avec les codes du film d’horreur (la recherche de clefs de voiture avec mains tremblotantes, la bagnole qui refuse de démarrer, etc) tout en les agrémentant de gags reposant généralement sur la débilité des aliens ou sur la tendance des personnages à ne pas pouvoir faire 3 pas sans se vautrer par terre.

 

 

"Gnark gnark gnark!"

 

Alors évidemment certains pourront reprocher à Jackson une mise en scène plutôt moyenne, mais il ne faut pas oublier le contexte dans lequel Bad Taste fut tourné: Tous les week end pendant 4 ans, avec ses potes et un budget très limité, le réalisateur assurant lui même deux rôles dans le film. Cette mise en scène est pourtant bien typique et reconnaissable entre mille. On se croirait même parfois devant un film de Leone (longs passages silencieux, gros plans sur les visages, musique omniprésente)!

Mis à part le côté fauché de cette production, le principal défaut qu'on pourrait lui trouver serait une baisse de rythme vers la fin du film, lorsque la fusillade aux abords de la maison devient un peu longuette. Sinon, pour le reste, c'est de l'or en barre, surtout en VF où les doubleurs se sont visiblement bien lâchés. Et pour courronner le tout, on a même droit à une petite condamnation du capitalisme de la junk food, matérialisé par le discours hallucinant du Boss des aliens, expliquant comment il va réduire la concurrence à néant grâce à l'arrivée sur le marché de "l'homo sapiens burger"!

 

 

"Scronch scronch..."

 

 Un film à découvrir absolument pour tous les malheureux qui ne le connaitraient pas encore. Mais attention, pour l'apprécier pleinement, il faudra garder à l'esprit son aspect expérimental et ne pas s'attendre à voir un Braindead bis (pour ceux qui l'auraient vu avant) tant celui-ci sera supérieur à Bad Taste dans sa frénésie et son intensité comico-gore.

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Tous les commentaires de l'article:
Peter Jackson, clap, première!

  • fred

    mar 29 jui 2008 14:56

    des souvenirs, tout c film. pour bad taste je pense l'avoir vue ?.
    sinon continue a affiché tous ce ancienfilm, cool!!!
    continue comme ça