Accueil Date de création : 23/06/08 Dernière mise à jour : 07/11/08 11:15 / 10 articles publiés

Top Gun & Co: les films de winner  (Dossiers) posté le mercredi 06 août 2008 21:26

années 80, jours de tonnerre, patrick swayze, rob lowe, tom cruise, tony scott, top gun, youngblood

 

 

 

Aujourd'hui j'ai envie de parler d'un type de film bien précis. Un genre qui a particulièrement vieilli. Je dirai même que cette catégorie a encore plus vieilli que les tous premiers films des frères Lumière. Ces films, ce sont les films de battant, de winner, de vainqueur, comme seule l'Amérique a su en produire durant les années 80, âge d'or de ce sous-genre ne portant pas vraiment de nom et ayant bercé l'enfance et l'adolescence des trentenaires d'aujourd'hui. Ces films étaient censés inculquer la culture de la gagne aux jeunes ricains et reflétent parfaitement l'état d'esprit de l'Amérique reaganienne où pour s'accomplir, il faut avant tout savoir écraser l'autre, conformément à l'ultra libéralisme. Ces fictions adoptaient plus ou moins la même trame scénaristique qu'on pourrait résumer ainsi :

 Un jeune américain, très talentueux mais inexpérimenté, décide de faire carrière dans un domaine où il excelle tout particulièrement. Il rentrera alors en opposition avec un rival, après avoir connu des débuts prometteurs et couché avec une fille avec laquelle il n'était pas censé couché (généralement, le seul rôle féminin consistant du film). Vers la moitié du film, la mort/grave blessure de son meilleur ami l'affectera profondément. Il perdra ainsi confiance en lui mais sera alors aidé par un mentor qui le remettra sur les rails et le motivera en vue d'affronter sa némésis, qu'il vaincra. Attention, ce type de scénario n'est toutefois pas le même systématiquement et il y a parfois quelques entorses....

3 exemples pour parler de ces films: Youngblood ( Markle, 1986), Top Gun (Scott, 1986) et Jours de tonnerre (Scott, 1990)  

 

 

Youngblood

 

 

Si si, ce film traite de hockey sur glace

 

Le winner: Dean Youngblood, un jeune hockeyeur de 17 ans, pétri de talent, décide de partir au Canada pour évoluer dans l'équipe des mustangs de Hamilton dans la ligue junior, antichambre de la NHL. Deux raisons motivent son choix : 1/ il est super fort au hockey 2/ bosser à la ferme de papa, ça le tente moyen ("j'ai pas envie de passer le reste de ma vie sous le pis d'une vache!"). Une sorte de Luke Skywalker du hockey, en somme. D'ailleurs, papa Youngblood réagit avec son fiston exactement comme ce rabat joie d'Owen Lars avec Luke : Il lui fait croire qu'il a besoin de lui à la ferme, ce discours masquant en réalité son appréhension de voir le rejeton quitter le cocon familal et d'affronter 1000 dangers.

Sa meuf : Jessie Chadwick, la fille de l'entraineur, lequel ne voit pas cette union d'un très bon oeil. Il ne sait pas encore qui elle est quand il la drague. Ce n'est qu'en croisant l'entraineur dans la rue avec la demoiselle à ses côtés qu'il l'apprendra, stupéfait (gag).

Son rival:  Carl Racki, fer de lance des Thunder Bay Bombers (grands rivaux des Mustangs) gros bourrin de la crosse, ayant écopé de près de 400 minutes de pénalité la saison passée. A se demander pourquoi les entraineurs le recrutent. Avec lui les arbitres sont atteints du "syndrome de l'arbitre de catch" (toujours le dos tourné quand il fracture un crâne)

 

  

"Beeeuuuuuahaaar!"

Le meilleur ami: Derek Sutton, alias Patrick Swayze. Son meilleur pote sur la glace. Sutton et Youngblood seront aux mustangs ce que Ben Baker et Olivier Atton étaient à la New Team dans Olive et Tom: une doublette hors pair. Malheureusement, Racki brisera la boîte cranienne de Sutton de manière délibérée, mettant ainsi fin à sa carrière prometteuse. Verdict: un match de suspension pour Racki, et Youngblood retourne chez son père ramasser le fumier et traire les vaches, tout traumatisé.

Le mentor: Kelly, le grand frère de Dean, lui même ancien hockeyeur devenu borgne. Lorsque son petit frère revient à la ferme, il lui inculque un discours très poignant après l'avoir bien engueulé : il ne faut jamais baisser les bras, tout donner pour ne rien regretter et avoir la gagne. Papa Youngblood lui refilera aussi quelques techniques de castagne et hop c'est parti : remonté à bloc par ce discours de champion, Dean et son équipe remporteront la victoire 3-2 en finale (triplé de Youngblood) contre les Bombers avec un dernier but à 3 secondes de la fin et une bagarre finale contre Racki, qu'il étend grâce aux conseils familiaux.

 

 

Top Gun

Attention, réplique savoureuse : "Vous deux là, les zigotos, vous allez à Top gun. Pendant cinq semaines vous allez vous mesurer aux meilleurs pilotes de chasse du monde. Vous étiez numéro deux, Cougar était numéro un. Cougar est degagé, Cougar s'est crashé : c'est vous deux en numéro un. Mais je vous rappelle quand même une chose : foutez la merde rien que d'un poil, et je vous affecte sur un avion de fret pour nous ramener des crottes de chien made in Hong-Kong !"

 

Le winner: Pete Mitchell, alias Maverick, jeune pilote fougueux de F-14, talentueux pour les uns, dangereux pour les autres. Son père était lui-même un grand pilote, qui a fini crashé dans une rizière viet' dans des circonstances classées secret défense, laissant planer le doute sur une éventuelle erreur humaine de papa. Maverick sera envoyé à Top Gun, académie de pilotes (réservée aux meilleurs des meilleurs, la crème de la crème, l'élite de la nation, etc) qui a plus pour vocation de développer l'ego surdimensionné de ses élèves que leurs aptitudes en combat aérien.

Sa meuf: Charlotte Blackwood, alias Charlie. Docteur en astrophysique, spécialiste en aéronautique, experte détachée du Pentagone pour enseigner à Top Gun, très intéressée par les MIG-28. Maverick la drague auparavant dans un bar sans savoir son identité, qu'il découvrira, stupéfait, le lendemain en cours (gag).Cette union n'a normalement pas lieu d'être à Top Gun, Charlie étant l'instructeur de Maverick.

Le rival: Tom Kazansky, alias Iceman, également pilote à Top Gun. Lui et maverick sont en compétition pour tout : qui pilote le mieux, qui joue le mieux au volley, qui a les plus beaux pecs au vestiaire, etc. Dans le film Sleep with me, le personnage joué par Tarantino a une vision très personnelle d'Iceman. Selon lui, il serait l'incarnation des penchants homosexuels de Maverick, qui naviguerait sans cesse entre deux eaux. Les deux rivaux se réconcilieront à la fin dans une empoignade bien virile. (Petite apparté: pour un film censé se passer en pleine période reaganienne, la propagande proaméricaine et antisoviétique y est plutôt légère. Elle passe même carrément inaperçue. Donc non, aucun gros méchant communiste à l'horizon, seulement quelques pilotes impersonnels dont on ne verra jamais le visage et venant d'un pays non désigné expressément)

 

"Hey, Iceman! Je veux pas dire mais Tarantino, il a dit que t'étais qu'une grosse tarlouze!"

 

Le meilleur ami : Nick Bradshaw, alias Goose le copilote. Maverick et lui font vraiment la paire, aussi bien dans l'air que sur terre. Malheureusement pour lui, il finira sa vie dans l'aéronavale de façon bien piteuse : le crâne fracassé contre le cockpit lors d'une ejection, à la suite d'une "vrille à plat irrécupérable". Du coup, Maverick culpabilise, perd confiance en lui et songe déjà à préparer ses valises et quitter Top Gun.

Le mentor: Mike Metcalf, alias Viper. C'est l'instructeur en chef à Top Gun et, coup de bol, c'est aussi l'ancien partenaire du papa de Maverick au Vietnam. Il lui apprendra ainsi dans quelles circonstances (héroïques) son père a réllement disparu. Et hop, du coup, Maverick est prêt pour repartir voler, exorcise ses peurs en évitant de reproduire exactement le même crash qui a coûté la vie à Goose (soit un début de "vrille à plat irrécupérable") et s'en va descendre du MIG. (Il en abattera plus qu'Iceman, remportant de fait son affrontement avec lui, bien que celui-ci ait été déclaré vainqueur du titre à Top Gun).

 

 

Jours de tonnerre

 

 "Nom de Dieu Maverick, enfin je veux dire Cole, fais gaffe t'as un mig 28 derrière toi qui te fait l'aspi, ah non zut, je veux dire, t'as Wheeler à 6 heures qui t'as vérouillé... euh en fait non c'est pas ça du tout, et meeeerde!"

 

 

 Le Winner : Cole Trickle, pilote de stock car ayant la réputation d'être un jeune prodige à tête brulée, s'apprete à disputer sa 1ere saison de Nascar dans l'écurie de Tim Dalland. Trickle est peut être talentueux mais il n'y connait absolument rien en technique et en mécanique automobile. Il n'en est pas moins habité par la rage de vaincre et l'envie d'être le meilleur, comme tout bon héros de film de winner.

Sa meuf : Le Dr Claire Lewicki, neurochirurgien. Lorsqu'il la drague la 1ere fois à l'hôpital, Cole est persuadé qu'il s'agit en fait d'une call-girl déguisée et payée par son staff. Il apprendra alors, stupéfait, qu'il ne s'agit non pas d'une gagneuse mais bel et bien d'un vrai médecin (gag).

Le rival : Russ Wheeler, son remplaçant au moment de sa convalescence, qui finira par piquer sa place à Cole. Russ est sournois. Il fait des courbettes à Trickle par devant et essaie de le désosser en course, utilisant les techniques les plus vicelardes. Fait cocasse: l'acteur qui interprète Russ Wheeler (Cary Elwes) sera aussi celui qui parodiera Iceman dans Hot shots.

Le meilleur ami : Rowdy Burns. Situation un peu particulière ici. Rowdy est dans la 1ere moitié du film décrit comme le grand rival de Cole, une sorte de réincarnation d'Iceman. Lui et Cole auront lors du championnat un sérieux accident du à une grosse nappe de fumée. verdict: si Cole se remet de ses blessures assez rapidement, Rowdy souffre quant à lui d'une grave lésion cérébrale (encore et toujours le crâne!). Ils sympathiseront après l'accident qui laissera néanmoins des traces sur Trickle, traumatisé et en perte de repères.

Le mentor : Harry Hogge, le directeur de course de Trickle (qui a fait un break avec le monde de la course en partant travailler à la ferme. Bouh la honte!). Après son accident, il fera tout pour le remotiver et le remettre en selle. Dans cette optique, il mettra en place LA bagnole parfaitement adaptée aux caractéristiques de son poulain, qu'il connait mieux que quiconque. Résultat: Trickle surmonte ses peurs et remporte la prestigieuse course de Daytona (en évitant notamment de se taper exactement le même carton qu'avec Rowdy, similitude avec Top Gun).

 

 

Bon voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Evidemment on se moque aujourd'hui de ces films, mais n'oublions pas le contexte de l'époque où ce genre de machin était hype. Alors carpe diem!

 

 

Déposez un commentaire !

Mieux vous connaître (facultatif) :

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.103.63.55) pour vous identifier.

Tous les commentaires de l'article:
Top Gun & Co: les films de winner

  • Seb

    mer 05 nov 2008 02:12

    De rien... J'ai oublié le pire du pire, Tie Domi!!!
    http://www.hockeygoon.com/

  • Volkor

    mar 04 nov 2008 16:02

    Merci à toi pour ton érudition Slorm/Seb!
    Si on m'avait dit un jour que Carl Racki avait un rôle tactique dans son équipe...

  • Slorm

    mar 04 nov 2008 11:21

    Salut,
    Pour Youngblood, petite précision à propos de Carl Racki: "A se demander pourquoi les entraineurs le recrutent". Ce joueur est ce que l'on appel un "goon", un joueur rude (voir très) qui est là pour protéger la star de l'équipe (généralement moins rude!) et accessoirement il est là pour défier le goon de l'autre équipe afin de provoquer une bonne baston... Le résultat de cette distribution de pains (2 à 3 à la seconde, mieux que Jésus) a une incidence sur le morale de l'équipe.
    Les goons étaient très à la mode dans les années 80 début 90. Ils ont tendance à disparaitre dans le Hockey moderne... Actuellement, on peut peut-être citer Avery (qui insulte plus qu'autre chose, une bonne ordure, sans doute le joueur le plus detesté de la NHL) et Claude Lemieux qui frappe et qui frappe et qui re-frappe...
    Voilà, c'était la petite précision du seb...

  • David

    lun 11 aoû 2008 14:04

    Ah non, Rafik a raison (parole de vieux aussi), c'était pas hype, c'était naze à l'époque et avec le temps cela s'arrange pas. Un peu comme la musique d'Indochine ou les émissions de Patrick Sabatier.

    Enfin, Top Gun a eu 2 mérites: il a lancé Meg Ryan () )(qui joue un petite second rôle) et il a donné lieu à une hilrante parodie des frères Zucker: Hot Shots! (mais c'était façile)

  • Volkor

    jeu 07 aoû 2008 10:14

    Hein?
    Bon oui ok d'accord le terme "Hype" est peut être un peu fort j'avoue!
    Ce que je voulais dire, c'est que ce genre de films a très très mal vieilli et qu'à leur sortie, ils paraissaient beaucoup moins cons qu'aujourd'hui.
    Bon en même temps, j'avais 10 ans quand j'ai vu top gun en salles, et pour moi, à 10 ans, piloter un F-14, dézinguer du mig, conduire une grosse bécane, sortir des blagues de cul sur de la musique bien rock, c'était cool!

  • Rafik

    jeu 07 aoû 2008 01:03

    "n'oublions pas le contexte de l'époque où ce genre de machin était hype"
    Ha non ! Je te l'affirme (parole de vieux), ces films n'ont jamais été "hype". Dès leur sortie, ils étaient vus exactement comme tu les vois aujourd'hui, c'est-à-dire au mieux comme des plaisirs coupables, au pire comme de la pub condescendante.
    Tony Scott était un peu le Michael Bay des années 80 (et je crois pas que Transformers soit considéré comme "hype")
    ;-)

  • freddar80

    mer 06 aoû 2008 21:30

    Super! ces films un + pour top gun.
    je kiff les 3