Accueil Date de création : 23/06/08 Dernière mise à jour : 07/11/08 11:15 / 10 articles publiés

Dossiers

Mon froggy chez les ricains II : casse-têtes de traduction  (Dossiers) posté le jeudi 18 septembre 2008 11:30

 Chose promise, chose due. J'avais évoqué lors du précédent article les problèmes de traduction rencontrés lors de certaines fictions (films ou séries) où des personnages français ou parlant le français interviennent. Voici donc ce fameux dossier qui, vous en conviendrez, est d'une importance capitale dans l'histoire du cinéma.

Bien evidemment, ces problèmes apparaissent seulement en vf! Voici un petit florilège de scènes qui ont vraissemblablement du être de gros casse-têtes pour nos amis les traducteurs.

(Attention, une série TV s'est glissée parmi les 4 exemples en dessous. Sauras-tu la reconnaitre?)

 

 Il faut sauver le soldat Ryan (Spielberg, 1998)

 

 Les principales difficultés rencontrées ici apparaissent avec le personnage du Caporal Upham, cartographe et interprète francophone et germanophone en VO et uniquement traducteur d'allemand en VF. Evidemment, vous comprendrez bien qu'un traducteur Français parlé par les français/ Français parlé par les américains est quasiment impossible à retranscrire en VF, d'où certaines situations cocasses:

Ca commence par la rencontre entre le capitaine Miller (Tom Hanks) et le caporal, sous la tente. L'officier lui demande en VO comment est son accent en allemand et en français. En vf, le côté francophone de Upham est complètement zappé. Bon, pour cette scène, ça va encore. Les choses se compliquent un peu par la suite.

On se trouve alors dans le village Normand, sous la pluie. L'escouade tombe alors sur une famile française dans leur maison en ruine. Le capitaine Miller demande alors à Upham: "dis leur de se montrer!" en VO et "Vérifie s'ils sont pas allemands!" en VF. On se trouve juste après dans une scène surréaliste où tout le monde parle en français (les soldats et la famille), ce qui n'empêche pas les Américains de demander sans cesse à Upham :  "hein? qu'est ce qu'ils disent?"

Enfin, pour finir, le dernier petit souci a lieu juste avant la bataille finale dans le village de Ramelle, lorsque les soldats écoutent un disque d'Edith Piaf. En VO, le caporal Upham (qui commence à se faire accepter par ses frères d'armes) traduit en temps réel la chanson qui résonne dans les ruines. Et en VF.... ben en VF il se contente de répeter le texte de la chanson à ses potes, qui semblent émerveillés.

 

 

 Lost

 Ce coup-ci les problèmes arrivent dans la série Lost, avec le personnage de Danièle Rousseau, naufragée sur l'île soi-disant déserte depuis plus de 16 ans. Et donc elle est française. Enfin, elle est française en VO parce que figurez vous qu'en VF, elle devient allemande. Ce qui oblige les traducteurs à tout changer. Son message de détresse en français devient donc allemand, histoire de mettre le doigt sur la difficulté des disparus à comprendre la teneur de celui-ci.

Shannon, alias la bimbo, qui a passé un été en Allemagne (France en VO) est alors bombardée traductrice du SOS et assitante de Sayid pour déchiffrer la carte de Rousseau. D'ailleurs, cette carte contient les paroles de La mer de Charles Trénet. Parce que c'est bien connu, en France, on écoute tous Charles Trénet. Et puis en Allemagne aussi apparemment.

 

 

 Arrête moi si tu peux (Spielberg, 2002)

 Frank Abagnale, le personnage principal de Arrête moi si tu peux (interprété par DiCaprio) est à moitié français par sa mère. C'est ce qui lui vaudra de mettre en place sa première imposture lorsqu'il se fait passer pour le prof de Français auprès de sa classe lors de la rentrée. Il prendra ainsi plaisir à humilier une brute de l'école en lui faisant lire une page du livre de cours en français dans le texte.

 En VF, afin de ne pas faire l'impasse sur cette séquence d'humiliation, DiCaprio se métamorphose subitement en faux prof....d'espagnol. Et là, ça devient vraiment compliqué étant donné que la salle de cours est bardée de drapeaux français et autres posters bleu-blanc-rouge. D'où une légère incompréhension sur le coup.

Les problèmes continueront par la suite lorsque Carl Hanratty du FBI (Tom Hanks) viendra récupérer Frank à la prison de Marseille. On a alors droit à un quasi-remake de la scène du village sous la pluie dans Saving private Ryan: Sous des trombes d'eau, Tom Hanks essaie de communiquer avec des Français mais n'y parvient pas, bien que parlant la même langue en VF. Surement une private joke de Spielberg aux traducteurs français!

 

 

 Rencontres du 3e type (Spielberg, 1977)

 

 Tiens, encore un Spielberg. C'est dans Rencontres du 3e type que l'on trouve un des plus gros casse-têtes à résoudre en matière de retranscription VO-VF. Et ce casse-tête se résume au mec barbu à cravate que vous pouvez voir sur la photo, derriére Truffaut à droite.

Le personnage de Truffaut étant français et ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare, un traducteur anglais-français lui est adjoint : David Laughlin (le barbu). Et il servira donc d'interprète à l'ufologue. Mais vu qu'un tel interprète ne sert plus à rien en VF, il devient alors son assistant personnel. La version française donne donc plus d'importance à ce personnage, qui n'est finallement qu'un vulgaire grouillot en VO (il est tout juste bon à décoder une longitude et une latitude). Le sommet aura lieu lors de l'interrogatoire de Roy Neary (Richard Dreyfuss). En VO, Truffaut interroge, et Laughlin traduit. En VF, en tant qu'assistant, Laughlin ne traduit plus mais pose aussi ses questions, qui sont différentes de celles de Truffaut. Le pauvre Neary se retrouve donc bombardé de questions auxquelles il ne répond qu'une fois sur deux (normal, vu qu'en VO les questions sont les mêmes). Mais malgré une différence par rapport à la VO, cette scène est plutôt bien fichue, l'intensité de l'interrogatoire soulignant bien la perte de repères de Neary. 

Bref, en conclusion, le seul compromis entre le respect de la scène d'origine et la cohérence de celle-ci: la vost.

Si vous voyez d'autres exemples, n'hésitez pas!

A plus!

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Top Gun & Co: les films de winner  (Dossiers) posté le mercredi 06 août 2008 21:26

 

 

 

Aujourd'hui j'ai envie de parler d'un type de film bien précis. Un genre qui a particulièrement vieilli. Je dirai même que cette catégorie a encore plus vieilli que les tous premiers films des frères Lumière. Ces films, ce sont les films de battant, de winner, de vainqueur, comme seule l'Amérique a su en produire durant les années 80, âge d'or de ce sous-genre ne portant pas vraiment de nom et ayant bercé l'enfance et l'adolescence des trentenaires d'aujourd'hui. Ces films étaient censés inculquer la culture de la gagne aux jeunes ricains et reflétent parfaitement l'état d'esprit de l'Amérique reaganienne où pour s'accomplir, il faut avant tout savoir écraser l'autre, conformément à l'ultra libéralisme. Ces fictions adoptaient plus ou moins la même trame scénaristique qu'on pourrait résumer ainsi :

 Un jeune américain, très talentueux mais inexpérimenté, décide de faire carrière dans un domaine où il excelle tout particulièrement. Il rentrera alors en opposition avec un rival, après avoir connu des débuts prometteurs et couché avec une fille avec laquelle il n'était pas censé couché (généralement, le seul rôle féminin consistant du film). Vers la moitié du film, la mort/grave blessure de son meilleur ami l'affectera profondément. Il perdra ainsi confiance en lui mais sera alors aidé par un mentor qui le remettra sur les rails et le motivera en vue d'affronter sa némésis, qu'il vaincra. Attention, ce type de scénario n'est toutefois pas le même systématiquement et il y a parfois quelques entorses....

3 exemples pour parler de ces films: Youngblood ( Markle, 1986), Top Gun (Scott, 1986) et Jours de tonnerre (Scott, 1990)  

 

 

Youngblood

 

 

Si si, ce film traite de hockey sur glace

 

Le winner: Dean Youngblood, un jeune hockeyeur de 17 ans, pétri de talent, décide de partir au Canada pour évoluer dans l'équipe des mustangs de Hamilton dans la ligue junior, antichambre de la NHL. Deux raisons motivent son choix : 1/ il est super fort au hockey 2/ bosser à la ferme de papa, ça le tente moyen ("j'ai pas envie de passer le reste de ma vie sous le pis d'une vache!"). Une sorte de Luke Skywalker du hockey, en somme. D'ailleurs, papa Youngblood réagit avec son fiston exactement comme ce rabat joie d'Owen Lars avec Luke : Il lui fait croire qu'il a besoin de lui à la ferme, ce discours masquant en réalité son appréhension de voir le rejeton quitter le cocon familal et d'affronter 1000 dangers.

Sa meuf : Jessie Chadwick, la fille de l'entraineur, lequel ne voit pas cette union d'un très bon oeil. Il ne sait pas encore qui elle est quand il la drague. Ce n'est qu'en croisant l'entraineur dans la rue avec la demoiselle à ses côtés qu'il l'apprendra, stupéfait (gag).

Son rival:  Carl Racki, fer de lance des Thunder Bay Bombers (grands rivaux des Mustangs) gros bourrin de la crosse, ayant écopé de près de 400 minutes de pénalité la saison passée. A se demander pourquoi les entraineurs le recrutent. Avec lui les arbitres sont atteints du "syndrome de l'arbitre de catch" (toujours le dos tourné quand il fracture un crâne)

 

  

"Beeeuuuuuahaaar!"

Le meilleur ami: Derek Sutton, alias Patrick Swayze. Son meilleur pote sur la glace. Sutton et Youngblood seront aux mustangs ce que Ben Baker et Olivier Atton étaient à la New Team dans Olive et Tom: une doublette hors pair. Malheureusement, Racki brisera la boîte cranienne de Sutton de manière délibérée, mettant ainsi fin à sa carrière prometteuse. Verdict: un match de suspension pour Racki, et Youngblood retourne chez son père ramasser le fumier et traire les vaches, tout traumatisé.

Le mentor: Kelly, le grand frère de Dean, lui même ancien hockeyeur devenu borgne. Lorsque son petit frère revient à la ferme, il lui inculque un discours très poignant après l'avoir bien engueulé : il ne faut jamais baisser les bras, tout donner pour ne rien regretter et avoir la gagne. Papa Youngblood lui refilera aussi quelques techniques de castagne et hop c'est parti : remonté à bloc par ce discours de champion, Dean et son équipe remporteront la victoire 3-2 en finale (triplé de Youngblood) contre les Bombers avec un dernier but à 3 secondes de la fin et une bagarre finale contre Racki, qu'il étend grâce aux conseils familiaux.

 

 

Top Gun

Attention, réplique savoureuse : "Vous deux là, les zigotos, vous allez à Top gun. Pendant cinq semaines vous allez vous mesurer aux meilleurs pilotes de chasse du monde. Vous étiez numéro deux, Cougar était numéro un. Cougar est degagé, Cougar s'est crashé : c'est vous deux en numéro un. Mais je vous rappelle quand même une chose : foutez la merde rien que d'un poil, et je vous affecte sur un avion de fret pour nous ramener des crottes de chien made in Hong-Kong !"

 

Le winner: Pete Mitchell, alias Maverick, jeune pilote fougueux de F-14, talentueux pour les uns, dangereux pour les autres. Son père était lui-même un grand pilote, qui a fini crashé dans une rizière viet' dans des circonstances classées secret défense, laissant planer le doute sur une éventuelle erreur humaine de papa. Maverick sera envoyé à Top Gun, académie de pilotes (réservée aux meilleurs des meilleurs, la crème de la crème, l'élite de la nation, etc) qui a plus pour vocation de développer l'ego surdimensionné de ses élèves que leurs aptitudes en combat aérien.

Sa meuf: Charlotte Blackwood, alias Charlie. Docteur en astrophysique, spécialiste en aéronautique, experte détachée du Pentagone pour enseigner à Top Gun, très intéressée par les MIG-28. Maverick la drague auparavant dans un bar sans savoir son identité, qu'il découvrira, stupéfait, le lendemain en cours (gag).Cette union n'a normalement pas lieu d'être à Top Gun, Charlie étant l'instructeur de Maverick.

Le rival: Tom Kazansky, alias Iceman, également pilote à Top Gun. Lui et maverick sont en compétition pour tout : qui pilote le mieux, qui joue le mieux au volley, qui a les plus beaux pecs au vestiaire, etc. Dans le film Sleep with me, le personnage joué par Tarantino a une vision très personnelle d'Iceman. Selon lui, il serait l'incarnation des penchants homosexuels de Maverick, qui naviguerait sans cesse entre deux eaux. Les deux rivaux se réconcilieront à la fin dans une empoignade bien virile. (Petite apparté: pour un film censé se passer en pleine période reaganienne, la propagande proaméricaine et antisoviétique y est plutôt légère. Elle passe même carrément inaperçue. Donc non, aucun gros méchant communiste à l'horizon, seulement quelques pilotes impersonnels dont on ne verra jamais le visage et venant d'un pays non désigné expressément)

 

"Hey, Iceman! Je veux pas dire mais Tarantino, il a dit que t'étais qu'une grosse tarlouze!"

 

Le meilleur ami : Nick Bradshaw, alias Goose le copilote. Maverick et lui font vraiment la paire, aussi bien dans l'air que sur terre. Malheureusement pour lui, il finira sa vie dans l'aéronavale de façon bien piteuse : le crâne fracassé contre le cockpit lors d'une ejection, à la suite d'une "vrille à plat irrécupérable". Du coup, Maverick culpabilise, perd confiance en lui et songe déjà à préparer ses valises et quitter Top Gun.

Le mentor: Mike Metcalf, alias Viper. C'est l'instructeur en chef à Top Gun et, coup de bol, c'est aussi l'ancien partenaire du papa de Maverick au Vietnam. Il lui apprendra ainsi dans quelles circonstances (héroïques) son père a réllement disparu. Et hop, du coup, Maverick est prêt pour repartir voler, exorcise ses peurs en évitant de reproduire exactement le même crash qui a coûté la vie à Goose (soit un début de "vrille à plat irrécupérable") et s'en va descendre du MIG. (Il en abattera plus qu'Iceman, remportant de fait son affrontement avec lui, bien que celui-ci ait été déclaré vainqueur du titre à Top Gun).

 

 

Jours de tonnerre

 

 "Nom de Dieu Maverick, enfin je veux dire Cole, fais gaffe t'as un mig 28 derrière toi qui te fait l'aspi, ah non zut, je veux dire, t'as Wheeler à 6 heures qui t'as vérouillé... euh en fait non c'est pas ça du tout, et meeeerde!"

 

 

 Le Winner : Cole Trickle, pilote de stock car ayant la réputation d'être un jeune prodige à tête brulée, s'apprete à disputer sa 1ere saison de Nascar dans l'écurie de Tim Dalland. Trickle est peut être talentueux mais il n'y connait absolument rien en technique et en mécanique automobile. Il n'en est pas moins habité par la rage de vaincre et l'envie d'être le meilleur, comme tout bon héros de film de winner.

Sa meuf : Le Dr Claire Lewicki, neurochirurgien. Lorsqu'il la drague la 1ere fois à l'hôpital, Cole est persuadé qu'il s'agit en fait d'une call-girl déguisée et payée par son staff. Il apprendra alors, stupéfait, qu'il ne s'agit non pas d'une gagneuse mais bel et bien d'un vrai médecin (gag).

Le rival : Russ Wheeler, son remplaçant au moment de sa convalescence, qui finira par piquer sa place à Cole. Russ est sournois. Il fait des courbettes à Trickle par devant et essaie de le désosser en course, utilisant les techniques les plus vicelardes. Fait cocasse: l'acteur qui interprète Russ Wheeler (Cary Elwes) sera aussi celui qui parodiera Iceman dans Hot shots.

Le meilleur ami : Rowdy Burns. Situation un peu particulière ici. Rowdy est dans la 1ere moitié du film décrit comme le grand rival de Cole, une sorte de réincarnation d'Iceman. Lui et Cole auront lors du championnat un sérieux accident du à une grosse nappe de fumée. verdict: si Cole se remet de ses blessures assez rapidement, Rowdy souffre quant à lui d'une grave lésion cérébrale (encore et toujours le crâne!). Ils sympathiseront après l'accident qui laissera néanmoins des traces sur Trickle, traumatisé et en perte de repères.

Le mentor : Harry Hogge, le directeur de course de Trickle (qui a fait un break avec le monde de la course en partant travailler à la ferme. Bouh la honte!). Après son accident, il fera tout pour le remotiver et le remettre en selle. Dans cette optique, il mettra en place LA bagnole parfaitement adaptée aux caractéristiques de son poulain, qu'il connait mieux que quiconque. Résultat: Trickle surmonte ses peurs et remporte la prestigieuse course de Daytona (en évitant notamment de se taper exactement le même carton qu'avec Rowdy, similitude avec Top Gun).

 

 

Bon voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Evidemment on se moque aujourd'hui de ces films, mais n'oublions pas le contexte de l'époque où ce genre de machin était hype. Alors carpe diem!

 

 

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Les bouseux contre-attaquent!  (Dossiers) posté le mardi 08 juillet 2008 22:33

 

 

Attention, cet article est agrémenté de spoilers tout au long de son contenu.

 

 

Je ne vous apprends rien : depuis quelques temps déjà, les films de « gens qui partent en voyage et qui se font atrocement massacrer en chemin par un groupe d’autochtones sauvages/mutants/cannibales/consanguins/détrousseurs" (autrement dit, le survival) fleurissent de plus en plus sur nos toiles, pour notre plus grand plaisir de cinéphiles sadiques.

Petite présentation (non exhaustive) de ces personnages si charmants qui sauront à coup sûr vous accueillir les bras ouverts dans leurs vertes contrées…

 

 

I/ Le mutant du désert

 

Le mutant du désert en 1977.

 

Vu dans : La colline a des yeux (Craven, 1977, Aja, 2006)

Ce qu'il aime : Les voyageurs égarés dans son désert au Nouveau Mexique.

Que lui est-il arrivé? : Après avoir connu la fermeture des mines dans lesquelles il travaillait, le mutant et ses amis ont dû subir les essais nucléaires que le gouvernement menait dans leur désert (cette dernière info n'est mentionée que dans la version  d'Aja) . Pas de bol! Rajoutez une petite dose de consanguinité (apparemment, les mutants sont tous plus ou moins cousins) et vous obtiendrez une grande famille de psychopathes complètement allumés.

 

 

Le mutant du désert en 2006.

 

Pourquoi il fait peur ? : En plus de ne pas être très gâté par Dame Nature, il fait preuve d'une cruauté sans limite envers les gens "normaux" qu'il détrousse, massacre sans pitié et  mange parfois. Une violence essentiellement alimentaire donc, avec un peu de rancune quand même pour ces non-mutants qu'il juge en partie responsables de son calvaire.

Ses hobbies : Tendre des embuscades aux wasps, manger des chiens, faire cramer des mecs, manger des gens, violer des filles, kidnapper des bébés, manger des canaris façon Bernie, jouer à la hache, etc.

 

II/ Le consanguin des montagnes

 

 "Mmmmm, beau petit cul, le mec en canoë" 

 

Vu dans : Delivrance (Boorman, 1972)

Ce qu'il aime : Les aventuriers en carton venus faire du canöe dans sa montagne en disant "ouaouh c'est beau la nature!"

Que lui est-il arrivé ? : Cela n'est pas expliqué dans le film. Cependant, on peut bien imaginer que le non renouvellement des générations, le syndrome du "crétin des Alpes" et un peu de consanguinité (encore et toujours!) ne sont pas forcément étrangers à son comportement préoccupant.

Pourquoi il fait peur ? : Son allure physique n'est déjà pas des plus rassurantes. Et si en plus le consanguin se met à agresser les jeunes cadres dynamiques venus s'extasier dans sa montagne (qu'il connait bien évidemment par coeur) alors là, ça devient inquiétant. Les violer tout en leur demandant de faire la truie n'est pas non plus un signe de bienvenue très explicite.

Ses Hobbies : Jouer du banjo (vachement bien), violer les touristes, tirer sur les etrangers, etc. Les ordres adressés aux victimes violées ("fais la truie!") font planer le doute quant à cette requête : s'agit-il d'un pur fantasme zoophile ou bien est-ce le signe que les montagnards, peu expérimentés en viol humain, se donnent confiance comme ils peuvent en essayant de recréer un contexte plus familier? Le mystère demeure.

 

 

III/ Le cousin éloigné des cavernes

 

"My preciiiooouuussss!"  Hein? Quoi? Ah, autant pour moi...

 

Vu dans: The Descent (Marshall, 2005)

Ce qu'il aime : Les spéléologues de sexe féminin venus explorer sa caverne souterraine.

Que lui est-il arrivé ? : Catégorie clairement à part que celle-ci. Le crawler et ses semblables forment une branche parallèle à l'espece humaine. Il y a quelques centaines de milliers d'années, ils devaient sûrement être des hommes préhistoriques de type traditionnel. Sauf que finalement, ils étaient pas si mal que ça dans leurs grottes, eux. Donc pourquoi les quitter ? Ils sont donc restés au fin fond de leurs cavernes et ont évolué différemment de leurs cousins homo sapiens: peau toute blanche dénuée de système pilleux (hormis les femmes qui ont des cheveux), cécité (comme les taupes), ouïe surdéveloppée, capacité de grimper aux parois des grottes, etc.

Pourquoi il fait peur : Comme dans tout survival, l'ennemi effraie parcequ'il maîtrise parfaitement son environnement, au contraire de sa victime, qui est généralement complétement à l'ouest en territoire inhospitalier. C'est surtout le cas ici ou l'obscurité règne. Le crawler est aveugle mais ça ne change rien dans le noir, où l'audition est bien plus importante que la vue. Les spéléologues, qui évoluent dans un espace clos où les possibilités de fuire sont quasi nulles, se font donc repérer comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Et finissent généralement au garde manger. La tronche pas possible des assaillants et leurs cris aigus finissent d'exploser le trouillomètre.

Ses hobbies : Le crawler a beau être un humain différent, il n'en est pas moins resté à un stade très primitif, plus animal que préhistorique. La notion de hobbies lui est donc étrangère, à la différence de ses autres camarades. Il tue les intrus aussi bien pour protéger sa communauté que pour faire des provisions pour l'hiver.

 

IV/ Le détrousseur des forêts

 

La classe...

 

Vu dans : Détour mortel (Schmidt, 2003)

Ce qu’il aime : Les jeunes ricains paumés sur son territoire, qu'il intercepte en bousillant leurs bagnoles avec du barbelé.

Que lui est-il arrivé : Le détrousseur des forêts ressemble beaucoup à son compère le mutant du désert : visage difforme, sadisme démesuré, aucune notion de savoir-vivre, cannibalisme pleinement assumé, etc. Leurs modes opératoires de piégeage sont également similaires (barbelé sur la route). La seule différence: Le forestier n'a pas été irradié par l'atome mais semble devoir ses tares à la seule consanguinité (en fait, je me rends compte que j'aurai du intituler cet article consanguinité et survival).

Pourquoi il fait peur : Toujours la même recette: tête invraissemblable, aucune pitié ou compassion pour leurs victimes. Leur cabane n'est pas non plus très accueillante au vu des restes humains stockés dans le frigo. Et cerise sur le gâteau, le détrousseur semble particulièrement crado.

Ses hobbies : cuisiner les abats, la pratique du tir à l'arc, les balades en forêt à bord du pick-up jaune familial, etc. A la différence du mutant du désert ou du consanguin des montagnes, le détrousseur des forêts ne semble avoir aucun désir sexuel envers ses victimes. Le fait d'avoir des top models à sa merci ne lui fait aucun effet. Elles ne rentrent sans doute pas dans ses critères de beauté (dents pourris, crânes difformes, chevelure très clairsemmée, peau blaffarde, silhouette de bossue). Ou alors il trouve ça plus fun de juste les décapiter.

 

V/ Le tronçonneur des cambrousses

 

Cannibale peut être, mais cannibale en costard.

 

Vu dans :  Massacre à la tronçonneuse (Hooper, 1974) et ses innombrables suites et remakes.

Ce qu'il aime : Les jeunes américains en ballade dans leur Westfalia qui ont eu le malheur de tomber en panne d'essence dans son trou perdu texan.

Que lui est-il arrivé ? : Le tronçonneur et sa famille, tous bien agités du bocal, vivent reclus au fin fond du Texas. La vie en société, c'est plus leur truc depuis que les abattoirs de la région ont fermé. Du coup, ben on s'occupe et on se nourrit  comme on peut, d'où le cannibalisme. C'est qu'il faut bien manger ma petite dame! 

Pourquoi il fait peur : Le tiercé cannibale/tronche à faire peur/violence exacerbée arrive encore et toujours en tête. La façon dont les corps humains sont cuisinés et transformés parfois en oeuvre d'art est de plus une véritable religion dans cette famille. Et puis le tronçonneur a cette facheuse tendance à porter des visages humains dépecés en guise de masque, d'où son nom: Leatherface (face de cuir en VF)

Ses hobbies: Stihl, Wolf, Black & Decker, Hitachi, Bosch, tous ces noms n'ont aucun secret pour notre ami. Il aime tellement son outil qu'il éprouve beaucoup de mal à se passer de lui pour tuer, quite à perdre de la vitesse en ligne droite et à se faire repérer à 500 mètres à la ronde. Lui et sa famille se débrouillent aussi pas mal dans l'Art Ossuaire.

 

 

Voilà pour ce petit tour d'horizon fort buccolique et bien evidemment non exhaustif. De nombreux autres Bad Guys de survival auraient eu leur place légitime dans ce dossier et je leur prie de m'en excuser. De même, je n'ai pas traité ici de la signification cachée des agresseurs du genre allégorie de la nature vengeresse ou décadence de la classe moyenne américaine. Tout cela ferait peut être l'objet d'un autre article plus tard.

Mais evidemment, tous ces monstres sympathiques ne seraient rien sans leurs proies: Etudiant(e)s, jeunes cadres dynamiques, beaux gosses, blondasses à mamelles hypertrophiées... Beaucoup y passent, mais quelques uns survivent, au prix d'une transformation mémorable, se doublant d'une cruauté supérieure à leurs assaillants. Eux aussi seront étudiés prochainement.

 

 

"Où est le mec qui a posé ce papier peint que je le butte!"

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