Avoir une carte cinéma illimité, c'est bien. Grace à ce bout de plastique, on peut (presque) tout voir, y compris les grosses bousasses intercosmiques comme Banlieue 13 : Ultimatum. Bon et puis en cette période de guerre civile entre geeks qui se déchirent quant à la "qualité objective" de Watchmen, rien de tel qu'une bonne vieille daube pour mettre tout le monde d'accord.
Se taper ce genre de "film" sur écran géant est une véritable expérience extra sensorielle qui donne l'impression de débarquer dans un univers parallèle où on se situe sans cesse entre le rire moqueur et la consternation la plus totale. Et c'est exactement ce que je cherchais en allant voir la fabuleuse suite de Banlieue 13. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, la voici: France, 2013: devant l'incapacité des pouvoirs publics à gérer le problème grandissant des cités, il a été décidé de les isoler au moyen d'un mur d'enceinte afin de les séparer du reste du territoire. Mais dans l'ombre, un complot militaro-immobilier se tisse visant à réduire les banlieues en cendre pour mieux les reconstruire.
Les connaisseurs l'auront remarqué, on se trouve bien en présence d'un ersatz de New York 1997. Seulement voilà, il faudra donner des cours de vision post-apocalyptique à Besson (scénariste du film), tant son univers n'est pas crédible pour un sou. A la lecture du pitch, on s'attend bien évidemment à découvrir une France à la botte d'un régime totalitaire ou fasciste mais non: hormis les banlieues, rien n'a changé. Les institutions sont les mêmes et le Président a l'air d'un centriste très à cheval sur les droits de l'homme. Cherchez l'erreur. Par ailleurs il est même fait référence à la situation actuelle de la France dans le film. Malheureusement, ces clins d'oeil sont d'une finesse si pachydermique qu'on se demande si les auteurs ne prennent pas leur public pour des banlieusards complètement décérebrés, incapables de déceler la moindre métaphore un tant soi peu subtile.

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Quant à la réalisation, encore une fois, on n'a pas pu s'empêcher de lorgner sur Jason Bourne. Ca commence avec une course poursuite à pied avec caméra sur l'épaule qui filera la gerbe aux spectateurs les plus endurcis qui n'avaient pas eu le moindre relent gastrique devant Blair Witch Project, Cloverfield ou Rec. Et puis quand Jason Bourne se battait avec un stylo bic, un magazine biba ou un rouleau de papier toilette, le héros de Banlieue 13 utilise quant à lui un tableau de Van Gogh de 200 millions d'euros et ce bien sur, sans l'endommager. Si si, un tableau de Van Gogh. C'est autrement plus classe. Le genre de scène qui fait sombrer le film dans le portnawak le plus abyssal.
Et je ne parle même pas de l'interprétation des acteurs, à peine dignes de rejoindre le casting de Plus belle la vie pour des rôles de figurants.
Mais le problème dans Banlieue 13 Ultimatum, c'est son idéologie foireuse qui lui fait perdre son rang de nanar sympatique pour celui de grosse bouse nauséabonde. Le film est une succession de clichés hallucinants (et même limite insultants) sur la banlieue: Les noirs ont tous des machettes et des boubous, les arabes sont tous des islamistes sortis tout droit des montagnes d'afghanistan, les asiatiques ont des tronches de yakuza et et les blancs sont des néo-nazis. Tout le monde y écoute skyrock et les voitures sont bien évidemment tunées. Et comme dans tout bon film de Besson, les flics sont des pleutres tout juste bons à se faire savater la tronche par des yamakasis en marcel.
Mais le pire est certainement atteint vers la fin, lorsque toutes les ethnies font équipe (oui oui, même les nazis et les barbus) pour sauver leur banlieue, qui est finalement décrite comme un modèle de vie sociale : "une famille qui nous protège, nous unit, nous rassemble". Le héros du film a même la solution miracle pour redonner vie aux cités qui devraient être "un vrai quartier, une vraie banlieue, avec des espaces verts et du travail". Pas con. Personne n'y avait pensé.
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Une bouse fumante donc, qui confirme la ringardisation sans cesse croissante de la franchise Besson ainsi que son abandon de toute ambition artistique au profit de films faciles avec rentrées d'argent assurées visant un public bien précis et peu regardant.
Alors, pour tous les grands malades étant sur le point de voir ce chef d'oeuvre, un conseil: armez vous d'une bonne dose de 5eme degré. Avec un peu de chance, vous limiterez ainsi la déstructuration de vos cellules cérébrales.

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